ECLATS D ART, Quiévrechain, France, juin à octobre 2007


Repérages
Impression numérique sur papier
Dim: 213x111 cm

Fragments de territoire
Marcher dans la ville
la traverser.
Point de départ
le centre social Amilcar Reghem
Le calvaire aux ouvriers fonctionnaires
La rue du Quesnoy
Le Puits n°2 et sa clôture en devenir
De la neige et de la brume
Des traces de roues mènent au terril
Le terril, mémoire protubérante dénaturée
Monuments aux mineurs
Coron sans buffet et Cité Willeim
Dans un champ, des jardins ouvriers clôturés
Revenir sur la rue du Quesnoy
Des travaux de construction devant une maison
Son tas de terre
Les diodes des passages cloutés me font penser à des trous de balles
la Cité de la verrerie et sa verrerie en ruine
Le Royaume taggé à la bombe rouge sur un tas de débris
Les carreaux cassés découpent en lamelles régulières le toit ondulé de l’usine
Sur l’avenue Jean Jaurès des cafés fermés
Passer la frontière
en Belgique à Quiévrain
Un café ouvert et une bière
À la télé, Rex le berger allemand
Des femmes traversent la frontière, faire une pause pipi au café
Elles ramènent des cigarettes
Traverser la place du Corbeau et ses pierres posées
Le sentier du Corbeau le long de l’Aunelle
Un rat d’eau et des saules
La rue des Groseilliers, la rue de l’Abattoir, le chemin de Baisieux
jusqu’au parc de loisirs et sa pataugeoire
Au bord de l’étang un martin-pêcheur narcissique
Rue de l’Abattoir, rue Long Coron
avenue Pasteur, rue Victor Lecocq
rue du Calvaire et le centre Social
Bassin de béton
bassin d’assainissement ou terrain de skateboard
Finir par un gâteau aux groseilles
Chez Mariette
Avenue de France
de l’autre côté de l’Aunelle, en Belgique
Le panneau de Baisieux rouge sang craquelé
Village people à la radio et les gens du village au comptoir
Une bière Saint-Feuillien
Je ne suis pas du coin
ça se sent mais je ne me sens pas de trop
L’église Saint Martin, l’étang et les poissons
Une chenille verte sur mon bras
La cité minière, le puits n°2 et le terril
Mémoire de la terre
Ce lieu vide de présence me remplit
De quoi ?
Des traces, des plantes, des arbres
Des signes dans la ville
Le jeudi, le marché place de l’hôtel de ville
Au bistrot chez Yaya
Le café du Picon et ses soirées philo
Trop d’hérissons écrasés
La maison rouge
La déchetterie
La cité minière
Le vieil homme et le chien
Le chant des oiseaux
Les graines légères
Une trace mène en haut du terril
Le couple d’abeilles sauvages
une reine et un faux bourdon
Deux caméras de surveillance dans la ville
Une dans le jardin du centre social
filme les feuilles d’une plante inconnue au tronc qui repousse les pavés
L’autre face au centre social filme les fumeurs
Le survêtement est ici de mise
Je dessine un mouton
Les premiers baptêmes de terre au centre social et les réflexions des habitants :
« On dirait un cercueil !
On dirait une tombe !
C’est de la merde !
Ça ressemble à un sarcophage !
J’ai peur !
Comment on respire ?
Combien de temps reste-t-on le visage dans l’argile ?
Dans quelle direction La Mecque ?
Tu peux faire ça avec un mort ?! »

Février à septembre 2007


BAPTÊMES DE TERRE

Baptêmes de terre avec les habitants
Earth baptisms of inhabitants
Centre social Amilcar Reghem, Quiévrechain
165 moulages d'habitants réalisés
Mai Juin 2007


"Fred Martin aime à travailler et à élaborer ses œuvres
avec la population des lieux où il se trouve.
Il l’a notamment fait en Inde, il l’a fait ces derniers temps dans le valenciennois,
à la demande de l’Association du printemps culturel.
C ‘est cet aspect de sa démarche qui nous tient tout particulièrement à cœur.
Adepte du Land Art, cette catégorie de l’art contemporain qui s’applique à œuvrer
dans le cadre et les matériaux de la nature.
Fred Martin n’en oublie pas pour autant l’homme.
C’est en effet la nature humaine que se trouve révélée
par les deux installations récemment proposées,
respectivement sur le mur de l’école Zola d’Aulnoy et dans le cours de l’Aunelle (Quiévrechain).
Non pas la nature humaine désincarnée, abstraction à vocation universelle, mais bien celle qui fait de chacun de nous ce que nous sommes, à savoir des individus à part entière,
riches de leur singularités et pourtant tous unis par une nature commune.
Les masques qui forment ces installations ne sont pas de ceux qui cachent le visage,
qui le dissimulent aux regards de l’autre. Ils agissent au contraire comme tant de révélateurs.
La texture de l’argile vient en effet se superposer au grain de la peau, non pas tant pour la dissimuler que pour nous permettre de la percevoir à travers ce fragment de la nature qu’est la terre. Loin du gigantisme si souvent de mise dans le Land Art, ce sont donc les plus infimes de nos traits les plus intimes qui constituent la matière première de ces œuvres.
À travers les expressions, qui s’y expriment, les petits détails qui s’y font jour, ce sont tout autant les habitants d’Aulnoy et de Quiévrechain qui se sont prêtés au jeu que les liens qui unissent chacun d’entre nous qui sont ainsi donnés à voir dans leur authenticité, pour employer un terme si souvent galvaudé."

Johan Grzelczyk 2008
(extrait du journal du printemps culturel)


Les voisins /The borderers
165 moulages sur la rivière l'Aunelle,
frontière naturelle entre la Belgique et la France
165 casts on Aunelle river, natural border between Belgium and France.
Octobre 2007



L'O des bottes
Video
00:34 mn



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